Intro-extra-version

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vendredi, juin 20 2008

Nils.

Il serait là, il aurait les cheveux châtains, les yeux gris bleus ourlés de brun.
Il me regarderait et dans son regard je reverrais les saisons auprès de Lui. Je lirais là les rencontres, la nature, les arbres et la patience.
Il aurait de lui la gentillesse, la force, l’assurance. Il aurait la candeur, la naïveté, l’insouciance et la joie immodérée de vivre et de jouer. La vie de son age.
Il saurait être lui sans être Lui. Il aimerait la vie bien plus que nous deux réunis.
Il aurait son intelligence, sa vivacité d’esprit. Ensemble, parlant, ils referaient le monde, si beau et enfin humain. Il aurait de l’humour. Dans ses pupilles étincelantes je retrouverais d’autres constellations. Dans ses iris pigmentés je verrais la lumière, la force du bonheur.
A jamais il porterait un petit morceau de Lui. A jamais il continuerait le chemin.
Il aurait sa volonté d’être, il irait sur sa route autonome, en sûreté, empli d’espoirs.
Il irait, il saurait, il aurait….

Mais il ne sera pas. Le désir égoïste de le voir naître me taraude parfois.
Un désir de me reconnaître en lui, le désir de se savoir aimée et indispensable durant quelques années. Le désir d’avoir près de moi, quelqu’un qui m’aimera, qui me survivra. Le désir de savoir qu’après moi il y aura encore quelqu’un, un petit bout de moi qui ne s’éteindra pas.
L’idée qu’il me rendra heureuse.

La nature est en trop plein, pourquoi vouloir y ajouter encore et encore ?
Mon désir est trop lourd, mes attentes disproportionnées pour les faire reposer sur les épaules d’un enfant. Je ne serais peut être pas capable de ne pas reproduire les erreurs de la génération précédente, pas capable de préserver mon enfant des mêmes tourments. On ne doit rien attendre de son enfant. On lui donne une vie qu’il n’a pas voulu et il faudrait encore qu’il en porte une autre…

Il ne sera pas, il me manque un peu ce soir mais demain je n’y penserai plus…
Désolée petit bonhomme. De moi tu ne viendras probablement pas. Alors il faut se dire au revoir avant de se rencontrer.
Au revoir…

vendredi, mai 23 2008

Pensée d’un jour (d’avant)

Le 26 octobre dernier une idée s’est illuminée dans mon cerveau.
Je venais de rencontrer la lumière faite femme.

Une phrase toute bête mais dont je devrais essayer de me souvenir chaque jour :

  • On change, quand on commence à changer.

Ca semble si simple, si naïf, si évident et pourtant j’ai noté et re-noté ces mots jusqu’à m’en imprégner. Pas encore assez puisque je l’avais oublié avant de ré-ouvrir un carnet qui traînait là.

Me rappeler qu’un pas ne se fait qu’après le précédent : un pas, puis un autre puis encore un autre.

Je pourrais recompter tous les jours de clarté auprès d’elle, il n’y en a pas eu tant, chacun a été un pas, au milieu de si petits que je ne les avais même pas vu.
Chacun de ces jours a dégrippé un rouage.

Je me sens comme un engrenage rouillé, une succession de petites dents qui devraient s’emboîter pour que tout le système roule parfaitement.
Mais ça peine, ça accroche.
Chcrrrrrr voilà ce que j’entends.
Et quand ça se décoince, rapprochant mon pouce et mon index pour former un anneau, je tourne mon poignet et j’imagine le chcrrrr se transformant en chclic.
Chaque petite avancée a fait chclic.
Un rouage de plus qui est passé.

Ca tourne, tout doucement, c’est tout grippé, tout fragile mais quelques pièces ont bougé.
Petit à petit, sous l’effet de la lumière, un peu d’huile peut être, le mécanisme devrait repartir. Ce n’est pas un roulement à bille, pas un solide lancé dans le vide donc ça accrochera encore parfois.

Mais me souvenir que ça tourne, doucement. Et parfois si vite que je me crois prise de vertige au point de tomber.
Ca tourne par là et ça ne reviendra plus en arrière, le dispositif est fait ainsi.
Mais patience : on change quand on commence à changer…

mercredi, mai 14 2008

Grrr, pfff, sniff, scrogneugneu etc.…

shtroumpf_grognon.jpg Le compte a rebours est terminé, le mariage est terminé, tout cet épisode est terminé. Je n’ai pas eu le courage de le finir par le jour J à l’heure H. Ca a été encore plus pénible que je ne pensais, ce mec est tombé encore plus bas que je ne pensais. Moitié sadique, moitié vendu, moitié pute, moitié méchant…ça fait trop de moitiés du coup, donc on va dire un peu de chaque et tellement plus encore, mais je ne vais pas remplir mon blog avec toutes ses tares et ses abjections.

C’est donc fini, c’est le printemps, il fait beau, les p'tits oiseaux et patati et patata…
Et je grogne…

J’aime pas le mois de mai (-rde). Et puis j’aime pas quand il fait chaud, quand il y a du soleil…

Je préfère l’hiver, en hiver je n’ai pas besoin d’enlever ma doudoune et mon pull.
Je peux me calfeutrer, me cacher.
En été ça me dérange de me montrer, de m’exposer.
Ils sont là à des terrasses de café, sur des plages bondées à se faire griller.
Et moi je rêve d’un trou isolé, un petit coin discret ou me pelotonner.

C’est bien mignon les rimes mais ça ne fait pas avancer…

Et puis je suis de mauvaise foi, j’aime bien quand il fait chaud, ce que je n’aime pas c’est moi quand il fait chaud, moi qui ne supporte pas le regard des autres. Alors que les autres, franchement, qu’est ce qu’ils en ont à foutre que je ne veuille pas me mettre en maillot de bain ?
Quand il fait chaud on peut se baigner, nager. Dans l’eau je me sens comme un poisson. Sauf que je ne sais pas ce que ressent un poisson…
Je n’aime pas la chaleur et je rêve aux déserts Australiens, aux rencontres avec des kangourous et à de grandes marches sur des plages infinies le long des coraux.
Le tout au soleil, bien entendu…

Au soleil mais seule ou presque…

Je ne sais pas si un jour je vais parvenir à assumer ce que je suis, si je vais m’accepter et m’aimer. J’extrapole les pensées d’autrui, quelle drôle d’idée…

En fait je n’ai rien à dire, je suis juste de mauvais poil depuis quelques semaines. Les nerfs à fleur de peau. Mon moral est à l’opposé du temps. Plus il fait beau dehors, plus c’est couvert à l’intérieur. Brume, orages (ô désespoir…), averses avec quelques éclaircies passagères.

Après avoir été rongée par les larmes, me voilà bouffée par la colère. Sont vraiment morfals les émotions…

mercredi, avril 23 2008

Glou glou

Je vogue sur mon bateau. J’ai perdu ma boussole et mon compas.
Comme je n’ai pas non plus mon baromètre je ne sais jamais quel temps m’attend.
La mer suit la lune, elle monte et elle descend. Imperturbable et imprévisible à la fois.

Un jour l’océan est calme, vaste étendue turquoise, brillante sous le soleil, troublée ça et là par des vaguelettes bleues et blanches, par le saut d’un dauphin ou le passage d’un banc de poissons. Voguer par ce temps est agréable et tranquille, sans souci.

Malgré les moments de soleil, je ne distingue pas l’horizon, il reste un voile de brume. Essayer de passer par delà la brume est utopique, l’horizon s’éloigne au fur et à mesure que l’on s’approche. Pourtant, dans mon périple, il y a certainement un point à atteindre, un but.

Sans prévenir, comme sortie de nulle part, une grosse vague. Petit bateau monte tout là haut mais derrière la cime, il y a un creux. La descente est périlleuse, douloureuse. Il me faut m’accrocher. Dans le tourment on se leurre sur la solidité de ce qu’il y a sur le chemin. Une faillibilité et me voilà encore plus déstabilisée. La chute est plus rude, plus effrayante.
Parfois je me demande si les éléments vont arrêter de se déchaîner, j’ai beau fermer les yeux, m’enfermer dans ma cabine, j’entends la tempête qui gronde et je ne sais comment faire pour la contenir. Il me semble que si j’ouvre une paupière, je vais dégringoler du bateau et je ne pourrais plus y remonter. La saison doit être propice aux perturbations.
Les moments d’accalmie sont plus fréquents mais les intempéries aussi et surtout plus violentes. Je vois les déferlantes se suivre et je me dis qu’elles vont me submerger. Elles passent par-dessus mon navire mais jusque là aucune ne m’a noyée.
La mer se calme mais j’appréhende de plus en plus les tempêtes suivantes. Je redoute les prochaines vagues.
Mon bateau, à force d’être chahuté ne va-t-il pas craquer une bonne fois pour toute ?

mardi, avril 8 2008

Souvenirs?

Petite fille blonde qui es tu ?
Je regarde des photos, qui est cette enfant ? Petite moi. Petite que j’aime mais que j'atteins à peine, où est le temps passé ?
Ca allait, ça ne va plus. Deux jours chez moi, seule et je me sens partir.
J’ai peur de moi.
Qu’est ce qui m’emprisonne, qui m’a volé ma mémoire ?
Les souvenirs passent et s’enfuient, des images brèves, des regrets, toujours des regrets.
Où sont les moments de bonheur, d’insouciance ? Si peu de souvenirs après de si longues années d’existences…

Je vois ces photos, il y a des sourires dessus, de la joie dans ses yeux. Je n’ai pas été malheureuse toute ma vie, pourquoi je ne m’en souviens pas ?

Action, ré-action, agir, partir, mentir…

Que se passe t’il ? Où fuis-tu mon cerveau ? Que sens-tu ? Quel est ce poids qui t’encombre ?

J’ai passé un week-end à pleurer, à éjecter mes malheurs. Rentrant en moi, la tête me tourne comme si j’allais tomber. « Tu ne peux pas tomber, tu es déjà par terre »
Oui je suis à terre, blessée mais par je ne sais quoi. Touchée en plein vol par un projectile inconnu.
Et des tremblements, je claque des dents, mes membres tremblent, mon cœur s’emballe, mes mains deviennent moites. Phénomènes physiques, réaction de peur. Peur de quoi ? Qu’est ce qui veut sortir et que je retiens ?

Impression que ma tête va exploser, je suis dans un état second. Il sort des choses, je pleure, ça me touche mais toujours cette impression de ne pas avoir touché LE problème. Impression qu’il y a un truc énorme en moi mais mes barrières m’empêchent d’y accéder.
15 jours que c’est fini, il faut que je me retrouve seule pour que ça vienne.
Mais je ne veux pas me laisser aller, j’ai peur de mourir, d’avoir trop mal.

Dé-pression après trop de pression ?
Pourtant je me soigne. Indiscutablement ça m’a fait de l’effet ce traitement. Alors pourquoi retomber ? Je ne veux pas, je veux aller vers l’avant.

Je me suis sentie naître un peu, je croyais beaucoup… mais si peu.

Il me faut trouver une branche à laquelle m’accrocher, rien qu’une toute petite branche.
Mais déjà mes souvenirs s’estompent. Je ne retrouve plus l’euphorie, je sens que ma coquille se ressoude. Je perds peu à peu cet état. Je me sentais vulnérable, fragile, emplie de douceur et de l’humanité des autres mais tout semble partir. Je les regarde en photo. Toujours et encore des photos, seul moyen de me souvenir vraiment.
Vraiment ? Non, juste une image.
Je me raccroche à des photos, j’ai besoin de les savoir là, de les avoir sur moi comme une preuve que j’ai existée avant aujourd’hui.

Mes souvenirs s’estompent. Pourquoi rien n’imprime dans ce cerveau ?

Cling, cling fait la chaîne autour de mon cou, je sais qui me l’a donné, je sais d’où ça vient. Je le sais mais je ne le sens pas, je ne m’en souviens pas. Cette chaîne est importante à mes yeux, elle représente des être aimés, tellement aimés que je les ai oublié…

Savoir ? Que sais je ? Est ce que je peux faire l’inventaire de tout ce que je sais ? J’ai l’impression de ne rien savoir. Pourtant je sais parler, marcher, faire…
Parfois je ne sais rien. « A quoi penses-tu ? » A rien, mes idées ont laissé place à un vide intergalactique. Pourtant même un trou noir n’est pas rien puisqu’il absorbe tout. Alors qu’y a-t-il entre mes états de conscience et mes pensées, dans ces moments d'absence ?
Je n’arrive plus à rien apprendre, j’oublie tout. J’ai oublié mes jeux, j’ai effacé mes études, je ne me rappelle plus de mes boulots, je ne sais plus ce que j’ai lu, je ne me souviens pas de ce qu'on m’explique… On me donne des conseils, 10 fois, 20 fois et j’oublie…
Je dois faire quelque chose en urgence et je ne sais plus quoi. Quelques minutes et c’est envolé.
Mais la perte de gens que j’ai aimé ça je n’oublie pas. Je voudrais les revoir. Morts ou simplement la vie nous a éloigné, eux ils sont dans mon cœur comme des blessures, des carrières à ciel ouvert. Tout tombe à l’intérieur et creuse un peu plus le fond meurtri. Rebouchées parfois, les plaies ne demandent qu’à se rouvrir sous la moindre petite pluie. La poussière s’envole, s’évapore. La boue, les plaies ne coagulent pas. Les pansements ne tiennent pas sur le sol humide. Ca craque ou ça suinte, ça ne veut pas rester fermé.

Mais à quoi joue mon cerveau, pourquoi veut il toujours se souvenir de ces meurtrissures ?
Elle me l’a dit : « tu n’es pas maso puisque tu es là ! »
Non je ne suis pas maso, je ne veux plus souffrir, je n’en peux plus. Mais ma volonté me fait défaut.

Mais j’y croyais, je pensais m’en être sortie, au moins un pied hors de la fosse, rien qu’un pied qui me permet d’espérer des jours meilleurs. Je les espère d’ailleurs, encore mais pourquoi sont ils si longs à venir ? Mon pied ne tient pas fermement sur cette nouvelle terre…
Qu’est ce qui se passe ces jours derniers, qu’est ce qui m’enfonce la tête sous l’eau ? Pourquoi mon cerveau ne veut il plus marcher ?
Pourquoi je suis là, à écrire au lieu d’agir, pour moi, pour les autres ?
Je n’arrive pas à garder ma motivation.
Je cherche à ce que ma volonté soit la plus forte mais ça me rattrape. Je n’arrive pas à agir sur moi-même.

Je sais qu’il ne faut pas et pourtant, je me laisserai encore une fois, tout à l’heure, aller au sommeil. Poser ma tête sur mon oreiller, dormir pour ne plus penser. Et ce soir, je me réveillerais, culpabilisant, la tête embrumée. J’irais surfer encore sur le web, surfer jusqu’à tomber au creux de la vague et me laisser porter jusqu’au rivage. Ballotter par des vagues, au hasard des flots, encore et encore tanguer jusqu’à ce que de nouveau le sommeil me gagne. J’arriverais alors sur la rive et sombrerait dans la torpeur pour une nuit encore.

Lâche moi, laisse moi aller putain de malheur !!!

J’ai envie d’hurler à m’en détruire la voix, crier fort, si fort comme si ça allait faire sortir ce qui me tient prisonnière.

Soulagée par ces lignes, un peu, je peux aller me reposer. Ensuite il faudra sortir, rester disciplinée.

Est-ce que je deviens dingue ?

Demain je vois mon guide, ouf. Et merci...

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