Le week-end dernier j’ai participé à ce qu’on appelle communément un stage de développement personnel. Je ne vais pas raconter ici le déroulement de ce stage, non pas que je ne veuille partager mais à chacun de trouver celui qui lui correspond.

Nous étions 10 stagiaires avec pour points communs nos bagages plus ou moins lourds de souffrance et l’espoir de repartir en allant mieux.
Je pense pouvoir dire sans trop me tromper que nous avons tous gagné quelque chose pendant ce week-end. Et sans me tromper du tout, je peux dire que j’y ai gagné énormément.

Arrivant là bas, j’avais la peur au ventre. Mes problèmes je les connais et j’avais une vague idée de ce que je souhaitais commencer à résoudre. Mais mon cerveau a cette faculté de sembler se vider dés que je suis en contact avec un ou plusieurs autres êtres humains. Lorsqu’il m’a fallu réfléchir à ce qui me faisait le plus souffrir en ce moment, j’ai dans un premier temps été incapable de le pointer du doigt. Puis, dans la solitude de mon lit, mon carnet sous les yeux j’ai pu retrouver et répondre à la question. J’aurai pu parler de multiples choses mais il en est une qui m’empoisonne et mon travail quotidien est de me débarrasser de ma prison personnelle.

Mais pour en sortir il est une clé que j’ai du mal à utiliser : la parole. Et lors de ce stage il était justement question de parler…Je souhaitais de tout mon cœur y arriver, j’y pensais depuis des mois et ce week-end était dans mon esprit comme la principale porte de sortie. Je croyais idéaliser et pourtant le résultat est bien au delà de mes espérances.
Non seulement j’ai réussi à parler aux thérapeutes, ce qui n’étaient même pas gagné au départ mais j’ai aussi pu m’intégrer dans un groupe, pour la première fois de ma vie je ne me suis pas sentie incomprise, dans tous les sens du terme. Je me dois de les remercier, toutes et tous, je leur dis ici toute ma gratitude, quelques mots qui ne sont qu'un bien pâle reflet de ce que je ressens.

En l’espace de 3 jours j’ai pu commencer à me libérer, j’ai décidé d’aller vers la Vie. Je ne sais quel sera mon chemin mais un week-end d’humanité m’en a donné l’envie. Je me suis un petit peu ouverte. Ma coquille se fendille tout doucement, dans les semaines ou les mois à venir j’espère pouvoir la déposer totalement. J’espère m’ouvrir tant au monde, qu’aux autres, qu’à moi-même.

En début d’année, le plus beau message que j’ai reçu me souhaitait de trouver dans mon cœur la force de l’espoir, je crois que c’est chose faite. Tout ou presque reste à faire. J’ai l’impression de n’avoir jamais été moi. Je ne suis pourtant personne d’autre que moi-même, forcement… Mais j’étais moi derrière mes propres barrières, moi au cœur de toutes mes aliénations. J’aimerai tout casser d’un coup, me séparer de ces poids mais ils me rassurent, ils me sont tellement familiers. La liberté m’appelle, mon cœur et mon esprit l’entendent. J’ai si peur de la vie qui va venir. Et la sensation que renoncer à ces barrières c’est aussi oublier tout ce qui a fait ma vie jusqu’à présent : mes parents et mes amis d’enfance. Pourtant il n’est pas question de cela. Je ne me crois pas capable d’être moi-même face à ceux qui ne me connaissent que comme je suis aujourd’hui. Je ne me vois pas exister heureuse, comme si mon existence pour eux se résumait à être un petit Caliméro.

Alors : partir à l’autre bout du monde, avec pour bagage le cercueil de ma vie passée ? Recommencer à zéro ? Renoncer à tout ce que j’ai connu et connaît aujourd’hui ?
Ce n’est pas la solution j’en ai conscience mais quelle est cette chaîne qui me tient et m’interdit de montrer que je peux être bien ? Le bonheur me fait peur mais moins que de le révéler aux autres.

A l’instant où j’écris, loin de ceux qui me connaissent, je n’ai pas à travestir. Depuis la fin du stage, je me repasse le film en boucle dans ma tête et je me sens pleine d’espoir et de joie. J’ai vraiment vécu le plus grand week-end de ma vie, le plus fort en émotions, une belle aventure humaine…
Je vous souhaite à tous d'en vivre autant.