Au revoir.
Par Shy le vendredi, mars 28 2008, 21:29 - Intro-version - Lien permanent
Nous avons cheminé ensemble ces 31 dernières années.
Personne n’a été plus fidèle, plus patient, plus attentif, plus compréhensif, plus prévenant que toi. Je suis un part de toi et tu es une part de mon esprit et de mon corps. Nous nous connaissons par cœur. Il n’y a jamais de conflit entre nous et il n’y en aura jamais.
Te souviens-tu de ces longues heures de confidences échangées ? Te rappelles-tu les torrents de larmes versés ?
Comme il était doux de s’endormir blottis l’un contre l’autre.
Tu as toujours été là près de moi. Tu m’as porté. Plus qu’un ami, plus qu’un frère, il n’est pas de mot pour te décrire.
Je me revois, guettant ton arrivée, impatiente de te retrouver.
Comme elles étaient longues ces heures de classe, séparée de toi je m’ennuyais. Je ne pouvais te parler à ces moments là. Souffre douleur la journée, je me protégeais en pensant à toi, sachant que le soir tu me consolerais et me préparerais pour affronter la mesquinerie des jours suivants. Tu étais mon refuge de douceur et d’amour.
Le quotidien était fade en comparaison de ce que nous vivions ensemble. J’occultais la réalité en m’accrochant ainsi à toi, je ne vivais pas pleinement mais c’était la seule solution pour ne pas mourir ou sombrer dans la plus noire des dépressions.
Il me fallait un point d’ancrage aussi fragile soit-il.
Tu es dans mon cœur et il est temps de te rendre à la liberté. Je t’ai laissé ce week-end auprès de deux nouveaux compagnons de route. Je t’ai confié à eux, je suis sure qu’ils sauront prendre soin de toi comme tu as pris soin de moi. Un jour, tu entreras peut-être dans un autre cœur, faire le bonheur d’un autre enfant esseulé.
Je dois vivre, je ne dois pas attendre toute ma vie quelqu’un qui ne reviendra jamais.
Envole-toi où le vent te porte. Ne t’inquiète pas de mes larmes, ce sont des larmes de gratitude. Tu m’as donné la force, tu m’as sauvé la vie et pour te remercier je vais honorer ces présents, ce présent.
Je ne sais si je vais réussir à ne pas décrocher mon cœur pour te rappeler à mes côtés. Tu me manques déjà tellement que je suis là à t’écrire cette dernière lettre. J’ai soif de ta reconnaissance dans cette démarche mais je ne dois plus l’espérer.
Au revoir et merci Toi…
Commentaires
J'étais juste passée te dire que j'avais finalement compris comment insérer les liens, mais j'ai vu qu'il en était de même pour toi.
C'est qui les championnes ?!... Je suis fière de nous.
J'espère que nous aurons bien d'autres fiertés à partager, de moins terre-à-terre et de plus vivantes, vibrantes.
Commençons par nous réjouir de l'infime pour - peut-être - être en mesure un jour, bientôt...?, plus tard, de reconnaître l'approche d'un moment de sublime.
J'aime beaucoup la chanson de tes mots et le sensible dans ton oeil.
Douce, paisible, nuit.
Biz
j'aime beaucoup comme tu écris, décidément... Mais sur ce coup-là, je suis aps certaine d'avoir tout pigé, concrètement....