Glou glou
Par Shy le mercredi, avril 23 2008, 14:05 - Intro-version - Lien permanent
Je vogue sur mon bateau. J’ai perdu ma boussole et mon compas.
Comme je n’ai pas non plus mon baromètre je ne sais jamais quel temps m’attend.
La mer suit la lune, elle monte et elle descend. Imperturbable et imprévisible à la fois.
Un jour l’océan est calme, vaste étendue turquoise, brillante sous le soleil, troublée ça et là par des vaguelettes bleues et blanches, par le saut d’un dauphin ou le passage d’un banc de poissons. Voguer par ce temps est agréable et tranquille, sans souci.
Malgré les moments de soleil, je ne distingue pas l’horizon, il reste un voile de brume. Essayer de passer par delà la brume est utopique, l’horizon s’éloigne au fur et à mesure que l’on s’approche. Pourtant, dans mon périple, il y a certainement un point à atteindre, un but.
Sans prévenir, comme sortie de nulle part, une grosse vague. Petit bateau monte tout là haut mais derrière la cime, il y a un creux. La descente est périlleuse, douloureuse. Il me faut m’accrocher. Dans le tourment on se leurre sur la solidité de ce qu’il y a sur le chemin. Une faillibilité et me voilà encore plus déstabilisée. La chute est plus rude, plus effrayante.
Parfois je me demande si les éléments vont arrêter de se déchaîner, j’ai beau fermer les yeux, m’enfermer dans ma cabine, j’entends la tempête qui gronde et je ne sais comment faire pour la contenir. Il me semble que si j’ouvre une paupière, je vais dégringoler du bateau et je ne pourrais plus y remonter.
La saison doit être propice aux perturbations.
Les moments d’accalmie sont plus fréquents mais les intempéries aussi et surtout plus violentes. Je vois les déferlantes se suivre et je me dis qu’elles vont me submerger. Elles passent par-dessus mon navire mais jusque là aucune ne m’a noyée.
La mer se calme mais j’appréhende de plus en plus les tempêtes suivantes. Je redoute les prochaines vagues.
Mon bateau, à force d’être chahuté ne va-t-il pas craquer une bonne fois pour toute ?
Commentaires